COVAE


Aller au contenu

Histoire du vin à Ans

Le vignoble comprenant 1200 pieds et qui a été planté en 2006, se trouve sur un versant très connu du vallon de la Légia. Il s’agit du versant situé entre la rue Haute et la rue de la Légia actuelle mais qui s’appelait en réalité la rue des Moulins, car la Légia a fait tourner une bonne vingtaine de moulins dont six à Ans.
Ce vignoble a une particularité exceptionnelle. Il est traversé par la galerie de Coqfontaine dont la construction a commencé en 1697. Cette galerie a été la conduite de la Légia lorsqu’elle ne coulait pas à ciel ouvert.




Pour curer la Légia, en moyenne corniche, il fallait passer sous un tunnel en pierre appelé «potale». Des vestiges subsistent dans le talus, en face du numéro 28 de la rue de la Légia actuelle, c’est-à-dire l’ancienne rue des Moulins. Il vient d’être nivelé correctement. En nivelant le talus pour recevoir les 1200 pieds de vigne prometteurs, la pelle mécanique a mis à jour le conduit de curage voûté, les maxhais ou galeries et deux puits de 3 et 6 mètres de profondeur situés sur le cours de la Légia. Les deux puits redécouverts ont été creusés lors de la construction de cette galerie pour permettre d’évacuer les terres et les pierres qui obstruaient les futurs conduits. Le fameux ruisseau ainsi canalisé se laissait conduire vers la roue du moulin le plus photographié : le moulin Renson. La galerie se termine à cet endroit.
Depuis la place Hector Denis, anciennement place du Brouck, on peut remarquer la forte dénivellation des jardins de la rive gauche. Ces jardins en pente étaient propices aux cultures maraîchères et à la culture de la vigne et du houblon. Ils ont prospéré surtout après le sac et l’incendie de la ville de Liège par Charles le Téméraire. En effet, beaucoup de liégeois sont montés à Ans dès 1468 puisqu’on leur interdisait de reconstruire leurs habitations. Ils occupèrent principalement Le Brouck, Mollins et Coqfontaine (source de la Légia). Ce sont ces quartiers d’Ans qui étaient les plus peuplés au recensement de 1540.


Lors des fouilles de 1907, on a retrouvé sous la Place Saint Lambert, dans le lit de la Légia, des grains de raisin et du pollen de fleurs de vigne en voie de fossilisation.
On sait par quelques documents que la culture de la vigne a subsisté le long de la Légia jusqu’aux environs de 1850 ; elle se concentrait en Ster en 1362, à Molinvaux, le long de la rue Del Meay (Naniot) en 1374, et au lieu-dit en Doufloxhe en 1468. Le versant de la rue Haute qui domine la Place du Brouck a très bien pu convenir également.


Armoiries des vignerons Liégeois

Armoiries des vignerons

En 1540, la superficie du vignoble ansois était de 7 bonniers, c’est-à-dire un peu plus de 60.000 m² et la production évaluée à 30.000 litres. Les autres vignobles de la vallée mosane étaient beaucoup plus importants. On a compté jusqu’à 400 hectares et plus de 400 vignobles au 17ème siècle. La production a été estimée à quelques 750.000 litres de vin.
En 1438, les vignerons liégeois se firent aménager au coin de la rue du Pont et de Féronstrée, sur le parcours du deuxième bras de la Légia, une Halle qui appartint toute entière au métier jusqu’au début du 16ème siècle. Les armoiries étaient des gueules (rouge vif) à la grappe de raisin au naturel et à la faucille d’argent emmanchée d’or. Les vignerons étaient numéro 6 dans la liste des « Bons Métiers ».

J. Deleuse



Revenir au contenu | Revenir au menu